MONDE/CRÂNE (2)


page issue de monde-crâne (première version)
Marie Bouts



film (pour le moment sans titre)
avec Till Roeskens
et avec l'Espace Khiasma
FOYER
un projet pour le FOYER D'HÉBERGEMENT POUR ADULTES (EPISOME)
Monthureux-sur-Saône
commande publique du Conseil Général des Vosges 
septembre, octobre, novembre, décembre 2009



contact
si vous voulez m'envoyer un message, vous pouvez cliquer ici
CV MB
J’explore, je questionne, je cherche à comprendre. Je bricole mes propres outils. C'est une manière d'aller à la rencontre du monde.
Je pratique le dessin, en association avec d’autres médiums : écriture, photographie, son. Les formes mixtes que je fabrique (livres, diaporamas, cartographies, performances, dispositifs documentaires), qu’elles soient linéaires ou arborescentes, sont autant de tentatives cosmographiques. J’aime travailler dans un territoire précis, un réel que je cherche à comprendre en allant à la rencontre de ceux qui y vivent. C’est dans la confrontation des subjectivités (la mienne, celle des autres) que se dessine la représentation des systèmes qui nous rassemblent.
Quelle image puis-je donner des mondes complexes que je traverse ?
Pour élaborer cette image, quel alliage rechercher, entre poésie et conscience politique ?
Ma pratique repose sur un vertige : dans cet infini, quel monde fabriquons-nous ? Dans ce bruit, quel sens donnons-nous à ce qui nous entoure ? L’art est une manière de regarder mon vertige, mon émerveillement ; une manière de négocier avec l’absurde et la vanité.

Le Chant des Pistes 
de Bruce Chatwin
" Les mythes aborigènes de la création parlent d’êtres totémiques légendaires qui avaient parcouru tout le continent au Temps du Rêve. Et c’est en chantant le nom de tout ce qu’ils avaient croisé en chemin – oiseaux, animaux, plantes, rochers, trous d’eau – qu’ils avaient fait venir le monde à l’existence (...) C’est la terre qui fournit sa langue à l’homme (...) Lors de sa traversée du pays, chaque ancêtre avait laissé dans son sillage une suite de mots et de notes de musiques. Ces pistes de rêve formaient dans tout le pays des « voies » de communication entre les tribus les plus éloignées. Un chant est à la fois une carte et un topoguide. Pour peu que vous connaissiez le chant, vous pouviez toujours vous repérer sur le terrain (...) En théorie, du moins, la totalité de l’Australie pouvait être lue comme une partition musicale. Il n’y avait pratiquement pas un rocher, pas une rivière dans le pays qui ne pouvait ou n’avait pas été chantée (...) En amenant le monde à l’existence par le chant, les ancêtres avaient été des poètes dans le sens originel du mot poiêsis, la création."
La vie est une chose joyeuse dont le centre est rempli d’asticots.
entretiens

CYCLES
EXPOSITION produite par le Conseil Général des Vosges, France, 2009
Dispositif documentaire, réalisé à la suite des entretiens en maisons de retraits (voir Pays)
Le spectateur pénètre un paysage:
- l'espace (sol et parois) est entièrement dessiné
(3 mètres de hauteur, 30 mètres carrés)
- un montage-son de 40 minutes est diffusé en boucle
(réalisé à partir des entretiens enregistrés en maison de retraite)
- sept chaises sont disposées dans l'espace

















VERS UN CHANT NEUF (concert)
COLLABORATION avec Marc Perrin (écriture et lecture), Soizic Lebrat (violoncelle), Matthieu Prual (ordinateur)
RESIDENCE à Chantiers d'Artistes, Le Lieu Unique, Nantes, France, 2008
Ecriture/lecture + dessin + musique : trois médiums pour construire un récit.
Le spectacle est différent chaque jour. A l'issue des cinq jours de concert, les murs de la salle (3 mètres de haut) sont entièrement dessinés (peinture acrylique noire).

















la matière






des commandes
Pour le solo du visage d'Anaïs Bouts à Londres

Pour le concert de Raphaël Godeau à la Station 34 à Lille

Pour une brochure
PLAN DES FLUIDES
Avec Interim-équipe d'artistes
Pour le projet collectif DISPERSION CONTRÔLÉE [une semaine de ruche en réseau]
Suite aux entretiens réalisés avec les salariés de l'entreprise Arte (voir Bureau de Modélisation Subjective), je réalise, sur le sol du parking souterrain, une cartographie géante (une image de l'entreprise).




















BUREAU DE MODÉLISATION SUBJECTIVE
avec Interim-équipe d'artistes
Pour le projet collectif DISPERSION CONTRÔLÉE [une semaine de ruche en réseau]
Pour le projet OPA (Offre Publique d'Art), mené par Catherine Gier et le Syndicat Potentiel
Pendant un mois, les salariés de l'entreprise de télévision Arte m'accordent des entretiens.Nous parlons de leurs métiers, de leurs engagements, des utopies qui les animent, des déceptions qu'ils vivent. A partir de ces échanges, je dessine. Au fur et à mesure, j'affiche les dessins dans l'entreprise.

(voir Plan des Fluides)


Le Traducteur Interprète

La Documentaliste face au flux d'information

Archivage des images (un challenge)

La Chaîne de l'information

Organisation et ressources Humaines (l'humain)


PAYS
LIVRE, édité par le Conseil général des Vosges, 2008, France
2e prix Territoria à la culture
Conception graphique Marie Pellaton
Pendant cinq mois, je me suis rendue dans 9 maisons de retraites des Vosges. Une trentaine de résidents m'ont accordé des entretiens, que j'ai retranscrits, au plus près de l'oralité, et à partir desquels j'ai fait des dessins. Le livre Pays est un montage de ces entretiens (l'enfance, la foi, la guerre, le statut des femmes, le travail à l'usine ou aux champs, la mort), des dessins, et d'images d'archives.

(voir également Cycles)




En général, moi, je suis croyante, ah oui.
On croit.
On croit.
On croit à la vie éternelle.
Après la grande communion, ça a été fini. Pourquoi, je sais pas. Le catéchisme c'était fini j'avais fait ma grande communion, alors mon père il a dit Ça suffit comme ça, les curés, hop!, c'est pas eux qui vont nous faire vivre. Ça a été terminé. Et maintenant je ne crois pas. Parce que je crois que si y'avait quelqu'un au-dessus de nous, il se passerait pas ce qu'il se passe. Voilà. J'ai toujours pensé à ça, moi.
Mais! Y'a quelqu'un, au-dessus de nous, y'a quelqu'un!
Mais, bo bo bo, racontez pas d'histoires: il aurait pas dû faire mourir mon mari.
Nous on croit. Moi, je crois. On est chrétiens depuis la naissance. On est baptisés. On vient au monde dans une famille catholique ou pas. Alors on prend possession de la religion et puis de tout ce qui concerne la famille. Moi je dis: la nature n'existerait pas aussi belle qu'elle est que pour ne pas avoir de créateur. Ah oui! Pour faire les beautés, les beautés du monde, des ciels superbes, je sais pas, moi, je trouve que toute la nature nous parle de dieu. Pour moi, c'est ça. Les belles montagnes, les neiges éternelles, c'est superbe, les endroits pittoresques qu'il y a. Rien que dans les cartes postales. C'est magnifiques.
Y'a de belles cartes postales.
Tout ça a été créé, quand même!
Et vous, vous croyez que ça se crée tout seul?
Ben oui. Oui oui. La nature s'est faite toute seule. Eve et Adam je connais pas. J'ai jamais vu ça, moi, alors je peux pas dire.
Mais, et ce que vous voyez de beau?
En ce moment, pas grand-chose.
Mais on est catholiques! Je dis ma prière matin et soir!
Voilà autre chose.
Oh oui, je dis toujours ma prière, avant de dormir. Et en me levant.
Mon père il disait Le Bon Dieu, c'est moi quand j'ai mon porte-monnaie qu'est plein dans ma poche. Voilà. C'était ça.
Moi, je suis pas baptisée.
Mais ça fait rien, vous êtes là quand même!
Le Christ a été baptisé à l'âge de trente ans!
Il vous l'a dit?





VERS UN CHANT NEUF (livre)
Texte Marc Perrin, dessin Marie Bouts, Conception graphique Frédéric Laé
Co-édition : Ce Qui Secret, La Rue Blanche, O'Librius, Nantes, France, 2008
Si vous voulez vous procurer le livre, cliquez ici
Un Poète


Ithaque

Pénélope

Télémaque
STILL LIFE
CARTES POSTALES (univers exploré: maisons de retraites)
Editées par le Conseil Général des Vosges, 2008, France











VERS UN CHANT NEUF (performance)
COLLABORATION avec Marc Perrin, écrivain.
RESIDENCE à O'Librius, Pol'N, Nantes, France, 2007
Partant du texte d'Homère, L'Odyssée, nous avons construit un récit qui relie lecture à voix haute et dessin au sol et au scotch, en direct. Les sons et les cadences de la voix et du scotch (collé décollé déchiré) se mélangent. Au sol, la carte se dessine parmi les spectateurs.








HISTOIRES POUR SE RECHAUFFER
COLLABORATION avec Magali Rizzo
EXPOSITION au Forum de la Jeune Création, Casino, Luxembourg, 2007
EXPOSITION à Okuparte, Huesca, Espagne, 2008
EXPOSITION ITINÉRANTE dans la province de Huesca, Espagne, 2008/09
le dispositif comprend
- des dessins, que j'ai réalisés à partir d'entretiens que des anciens de la ville de Huesca m'ont accordés (voir Atlas Parallèle)
- des interprétations de ces dessins, brodés par Magali Rizzo (grands formats, fils de couleurs multiples)
- une bande-son diffusée à très bas volume (une voix de jeune femme dit l'histoire de Blas, 90 ans)











(silence)







carnets











situer l'organe de l'imagination dans le corps humain


ATLAS PARALLÈLE
INVITATION du Centre Culturel du Matadero, Huesca, Espagne, 2005/06
Pendant un an, j'ai mené des ateliers avec les habitants de la ville:
- avec un groupe d'adolescents
- avec un groupe de femmes
- avec des anciens
Je souhaitais réaliser un atlas subjectif de la ville, son territoire et son histoire.(voir Histoires pour se réchauffer).
Les dessins qui suivent ont été réalisés à partir des récits que m'ont fait "los ancianos" de la ville de Huesca. Guerre civile, National-catholicisme, transition démocratique.

La Batalle de l'Ebro

Faire feu de tout bois

Le Marché Noir

Se Manger le crâne (expression idiomatique)

L'Education

La Vie de José-Maria
MI CASA ES SU CASA
LIVRE, édité par la ville de Huesca, Espagne, 2006
RESIDENCE avec les Pépinières Européennes pour jeunes artistes, conception graphique Macula Studio
A partir de mes observations et promenades dans les zones désertiques (urbaines et rurales, extérieures, intérieures et métaphoriques), je témoigne d'une transformation en cours.


Je n’ai pas de pays.
Quand les mots manquent pour nommer les choses, c’est le monde qui manque, s’échappe, ne se laisse plus maitriser, ne se laisse plus faire (se laisse redécouvrir).
Une géographie : pour nommer. Arpenter, repérer, perdre, appeler les rues, dessiner les cartes inexactes de promenades sans repères, prendre les ponts, les chemins, enjamber les jardins.
La ville meurt brusquement en lisière, laisse la place au désert et à la fin du monde.
Dans le centre les chats vivent en meute, dorment sur les pentes des toits moussus.
Les chiens errent, solitaires.
Tous vivent des poubelles, et peuplent.
Mais à mesure que la ville s’étoile aux alentours, à mesure qu’elle cherche à étendre sa surface dans les zones périphériques, elle se troue en son centre, se mite, et rend au désert des pièces d’elle-même. Espaces délaissés, vacants, inutilisés, désolés peut-être.
Espaces en mouvement, espaces pour la diversité : humains, animaux et plantes y trouvent refuge. Espaces inlocalisables, espaces en dérive : un monde voyageur migre d’interstice en interstice, de délaissé en délaissé, occupant sauvagement ce qu’il reste d’indéfini.
Ces lieux n’ont pas d’échelle : il y a toujours un espace entre deux briques, entre deux champs.
L’imaginaire et le rêve se glissent dans le relâchement : se dégage une place pour créer en silence de nouvelles formes et de nouveaux sons, un lieu imprécis, la possibilité d’un autre ordre du monde. Non pas un chaos, mais un territoire obéissant à d’autres lois, poursuivant des sentiers balisés d’une autre manière, avec des droits d’entrée tout aussi établis, mais selon d’autres usages. Systèmes de braconnage, de bricolage, d’assemblage, de contrebande ; promenades du corps et du regard, envers du décor, lieu pour la contestation peut-être, pour l’invention surement. Galaxies discrètes d’un projet futur et inconnu, ces lieux déchainent leurs énergies dans le laisser faire et dans l’improductivité ; mâchent secrètement leurs rêves avant l’invasion, peut-être.






cyclopes et ogresse




47°47minNORD 3°5minEST 
LIVRE édité par les Rives Dangereuses
Réalisé avec le Centre des Rives, centre d'art contemporain et documentaire en milieu rural
Auberive, France, 2004
J'ai rencontré une douzaine des habitants du village. Je leur ai posé cette question, simple en apparence: "Quelle est l'histoire de votre maison?". Dans un montage de textes (entretiens retranscrits au plus près de l'oralité), de photographies et de dessins, le livre esquisse une géopolitique subjective du village, de son histoire et sa géographie.




Je collectionne les pendules, avec une préférence les coucous, parce que j'aime bien les oiseaux.Ils marchent tous mais je ne les remonte pas, parce que ce serait infernal. Ce n'est pas pour l'heure, c'est pour la chose. C'est comme si on était hors du temps, ici. C'est curieux, je ne saurais pas dépeindre, même, ma situation. C'est exactement comme si on vivait tout le temps dans un décor de cinéma, un décor de théâtre, à tout moment. On est un figurant. Il se passe des choses curieuses. Je me suis lié d'amitié avec une renarde, qui vient dans ma maison, elle a son terrier en face, de l'autre côté du chemin, dans le fourré. Des fois, elle sort, et elle est complètement fascinée par la lumière. Je l'ai déjà vue en pleine nuit, avec un renardeau, en train de contempler la maison d'à côté, qui explose de lumière. J'ai toutes sortes de copains, ici, des oiseaux, des souris.Cette maison, finalement, c'est quelque chose que je ne saurais expliquer que par le rêve. Pour la plupart des gens, c'est une maison de cauchemar, sans courant, sans eau, il n'y a rien, la vie est très dure, ici. Je vis comme au XVIII° siècle, je lave mon linge dehors, à côté du puits perdu. J'aurais jamais cru que je puisse faire une chose pareille. C'est ici que se réalisent tous mes rêves. C'est très curieux. Les gens du coin n'en reviennent pas, je suis un personnage. Mais non, je m'ennuie pas.
[extrait du récit : la maison du garde-barrière]





cartographies et schémas






Interim-équipe d'artistes texte de présentation
Nous sommes huit
Nous sommes reliés par des questions
Nous sommes constitués en groupe de recherche
Notre recherche prend l’art comme angle de vue sur le monde
L’art diffère des autres angles de vues sur le monde, il se permet de les traverser
L’art bouleverse les catégories établies
L’art nous permet de modifier la perception que nous avons du monde
L’art est notre manière de nous investir, de nous étonner, d’être vivants
L’art est notre parole
C’est une parole en actes
Nous intervenons de préférence dans des contextes non dédiés à l’art
Nous nous soucions des publics non spécialisés
Nous créons l’événement pour la rencontre
Nous incluons une relation au public durant le processus de réalisation
Nous ne pensons pas que sortir du circuit élitiste soit un nivellement par le bas
Nous ne sommes pas des travailleurs sociaux, ni des décorateurs
Nous exerçons le métier d’artiste
Nous tentons de cerner la compétence artistique en tant que service rétribué
Chacun de nous reste libre, autonome et responsable de ses actes et projets au sein de
l’équipe, tout en cherchant le dialogue
Nous n’avons pas de programme, mais nous nous fixons des lignes de travail, des modes
opératoires, quitte à les remettre en question à chaque intervention
C’est pour questionner notre liberté que nous nous posons des contraintes
Nous faisons état, publiquement, de notre exercice du désir et de la liberté
Nous nous interrogeons sur les règles des jeux humains
Nous cherchons à communiquer une forme de résistance
Nous sommes des optimistes critiques
Nous considérons le rire comme un moyen de survivre
HISTOIRES DE MAISONS
Avec Interim-équipe d'artistes
Réalisé dans le cadre du projet collectif UNA SETTIMANA [une semaine d'interventions urbaines]
Pour les 40 ans de l'association des résidents du quartier de l'Esplanade, Strasbourg, France, 2004
Pendant une semaine, je récolte, auprès des habitants du quartier, les histoires de leurs maisons. J'en confectionne des affiches au format AO, que je colle sur les murs de la ville.







 
LA NEGRE 
LIVRE. Montage de textes, dessins, photographies pour constituer un fonds documentaire témoignant d'un monde imaginaire : une ville, fondée sur des rapports de violence et d'exclusion, construite autour de trois murs concentriques et surveillée par l'œil, présence omniprésente et omnipotente.
Au centre de la ville, se trouve l'équivalent d'un trou noir sur terre, qui dévore petit à petit le réel, La Nègre.



LA NOUVELLE HISTOIRE
Publié dans Monsieur Toussaint Louverture 
TEXTE écrit à partir de bribes de paroles récoltées dans la rue: c'est le monologue d'une personne qui devient clochard. A mesure qu'il quitte son ancien statut social, et qu'il s'habitue à la rue, son langage se transforme (déformations syntaxiques et lexicales).






CARTOGRAPHIE GRAND FORMAT
Festival Europa Artium, Cluj, Roumanie, 2003
PERFORMANCE, trois jours de dessin grand format.



avant